La flore intime se compose de millions, et même de milliards de bactéries lactiques du groupe des lactobacilles. L’un des plus abondants chez la majorité des femmes appartient à la souche Lactobacillus crispatus. Focus sur son rôle et son importance pour le microbiote génital.
Lactobacillus crispatus et flore vaginale
Qui est Lactobacillus crispatus ?
Lactobacillus crispatus est une bactérie en forme de bâtonnet de la famille des lactobacilles. Chez une large proportion de femmes, il s’agit de la souche probiotique la plus abondante au sein de la flore vaginale. Il est donc primordial pour prévenir les infections fongiques, comme la mycose ou les vaginoses bactériennes, entre autres.
Bien sûr, Lactobacillus crispatus n’est pas le seul micro-organisme présent dans la flore intime. À ses côtés, on retrouve des souches telles que Lactobacillus rhamnosus ou Lactobacillus plantarum, par exemple. Parmi les millions de probiotiques du microbiote vaginal, il y a également de nombreuses autres souches dont la quantité et la variété varient d’une personne à l’autre. Il faut cependant savoir que L. crispatus est une sous-espèce de ferment lactique qui domine la flore à laquelle il appartient. En général, il représente à lui seul près de la moitié de celle-ci.
Le rôle de L. crispatus
Comme beaucoup d’autres souches de sa famille, L. crispatus produit de l’acide lactique afin d’acidifier les muqueuses vaginales et vulvaires. Cette acidité contribue à favoriser la multiplication des bonnes bactéries probiotiques de la microflore intime, mais ce n’est pas tout. Ce milieu acide est surtout défavorable à la prolifération des champignons microscopiques comme Candida albicans, le responsable de la plupart des mycoses, ou encore des microbes et virus pathogènes.
Cette souche microbiotique a aussi pour particularité de sécréter un film protecteur qui tapisse les muqueuses de la vulve et du vagin. Celui-ci a pour effet de réduire la capacité d’adhérence des germes et levures qui provoquent des infections. Il contribue donc à prévenir les infections vaginales ou encore la cystite.
Une bactérie bénéfique, mais fragile
Si L. crispatus est important pour préserver le confort intime, il est aussi très fragile et peut facilement être détruit. Et comme il représente une grande partie de la flore, sa destruction rime avec déséquilibre du microbiote et troubles intimes. Parmi ces derniers, on retrouve les démangeaisons intimes, l’inflammation des muqueuses de la vulve et du vagin ou encore des brûlures durant les rapports sexuels ou au moment d’uriner.
La modification des sécrétions vaginales indiquera quant à elle si les troubles sont bénins, dus à un champignon, ou encore à une bactérie. Des pertes blanchâtres associées aux symptômes précédemment cités sont généralement le signe d’une mycose vaginale. Des sécrétions grisâtres, brunes ou légèrement vertes et nauséabondes (odeur de poisson) apparaissent quant à elles, la plupart du temps, dans le cas d’une contamination par une bactérie. Il faut alors mettre un traitement médicamenteux en place pour éliminer le responsable, mais pas seulement. Pour prévenir les récidives et retrouver votre confort intime, il faudra également réensemencer la flore vaginale avec des souches bien précises, dont Lactobacillus crispatus.
Comment protéger et restaurer la flore intime ?
Entretenir et reconstituer la flore vaginale repose sur tout un ensemble de règles hygiénodiététiques. Il faut agir, d’une part, localement, au niveau de la zone intime. D’autre part, l’alimentation a elle aussi un rôle à jouer.
Des mesures d’hygiène simples
Au quotidien, il est important de tout faire pour ne pas nuire à la population probiotique de la zone génitale. Pour cela, il faut laver la vulve suffisamment souvent pour garder une bonne hygiène, mais pas de manière excessive, pour ne pas éliminer les bonnes bactéries qui la peuplent. Faire la toilette intime une fois par jour avec un produit à formulation gynécologique est suffisant. Évitez les produits désinfectants ou le gel douche parfumé qui risquent de détruire les probiotiques et de créer des irritations.
Consommer des probiotiques et des prébiotiques
En parallèle, il est recommandé de consommer des probiotiques. Cela peut se faire par l’alimentation, par exemple en mangeant des produits laitiers fermentés comme le fromage ou les yaourts. La choucroute, le tofu (soja) et les boissons fermentées comme le kéfir ou le kombucha peuvent également en apporter. Pour nourrir et favoriser le développement des probiotiques, il est important de consommer des aliments riches en prébiotiques que l’on retrouve dans les fruits et légumes riches en fibres ainsi que dans l’oignon, l’ail ou encore le miel.
La supplémentation en probiotiques
Pour un effet ciblé et un apport plus conséquent, mieux vaut opter pour un complément alimentaire à base de probiotiques. Bien sûr, l’idéal est d’en choisir un qui contient la souche Lactobacillus crispatus ainsi que d’autres lactobacilles naturellement présents dans la flore intime. Privilégiez les formulations en gélules gastro-résistantes qui permettent d’acheminer les probiotiques intacts jusqu’à l’intestin. À partir de là, ils peuvent ensuite se rendre au niveau de la zone intime pour rétablir l’équilibre de la flore intime.